L’économobile du 21em siècle selon Monsieur PSA

Classé dans : Actualités, Industrie, Setrem | 0
S.A.S SETREM - Actu 2018 - Rédaction Michel Flahaut

 

Mise en garde de Carlos Tavares sur l’électromobilité

CARLOS TAVARES PSA

Le patron de PSA s’interrogeait sur l’écosystème global de cette technologie qui pourrait ne pas être aussi vertueux qu’on le croit. Désireux de dérouler un ambitieux programme autour de la voiture électrifiée il insistait auprès de journalistes professionnels de l’automobile sur l’aspect industriel stratégique pour l’Europe qui est enjeu face à la puissance chinoise dans ce domaine.

Carlos Tavares a rappelé que l’objectif de son groupe était bien d’électrifier 80% de sa gamme à horizon 2022 au profit des quatre marques du groupe (Peugeot, Citroën, DS et Opel), afin que celles-ci puissent accueillir une diversité de motorisations : de l’hybride rechargeable aux moteurs thermiques classiques en passant par le 100% électrique ou encore le 48 volts.

Un écosystème pas si vertueux…

Pour Carlos Tavares, les constructeurs ainsi que les autorités publiques auraient bien tort de faire de l’électromobilité l’alpha et l’oméga d’une automobile écologiquement vertueuse. Selon lui, de nombreux sujets n’ont pas été résolus sur la question de la voiture électrique si on se place du point de vue de l’écosystème et pas seulement de l’objet.

« Qui aujourd’hui est en train de se soucier de traiter de la question des mobilités propres dans leur globalité ? Quelles solutions pour la fabrication de batteries, le recyclage des batteries, l’exploitation mais également l’approvisionnement en terres rares, la nature de la production d’électricité… », s’est-il ainsi interrogé.

L’aspect environnemental n’est pas le seul à avoir soulevé les réserves de Carlos Tavares. Celui-ci s’est rangé aux côtés de son homologue de chez Mercedes qui a prévenu que l’avènement de l’électromobilité allait probablement rogner les marges des constructeurs automobiles.

La fin du règne européen sur les motorisations ?

Enfin, le patron de PSA juge que l’avènement de l’électromobilité pourrait signer la fin de la puissance automobile européenne au profit d’une puissance chinoise qui a d’ores et déjà acquis une position de force. « Nous sommes à la veille d’un point de rupture qui conduira l’industrie automobile chinoise à imposer au 21eme siècle à l’Europe ce que celle-ci lui avait imposé au 20éme siècle dans les motorisations thermiques », a-t-il ainsi prophétisé.

L’annonce, par Pékin d’en finir avec les motorisations essence, avait encore ajouté de la pression sur les constructeurs. Cette annonce qui méritera d’être précisée pas seulement sur son aspect temporel, devra surtout l’être sur son périmètre puisque les voitures électrifiées englobent les motorisations hybrides qui restent encore en partie thermiques, et donc émettrice de gaz polluants…